Ce jourd'huy, cinquième juin mil sept cent dix-neuf, par nous Toussaint BULLIER de VIECOURT, écuyer, conseiller du Roy, prévost de Nos Seigneurs les Marechaux de France au siège Présidial d'Autun, bailliage de Montcenis, Bourbon-Lancy, Semur-en-Brionnois, comté du Charolois et pays adjaccans, sur la plainte qui vient de nous estre donnée de la part du sieur RABYOT de CORLON, conseiller et procureur du Roy audit siège présidial et Maréchaussée d'Autun que la demoiselle veuve, JOUFFROY, marchand à Couche est de la Religion Prétendue Réformée médittoit depuis longtems sa sortie hors du Royaume pourquoy elle avoit fait partage entre ses enfants de ses biens terriens et converti le reste en argent quelle a fait passer des sommes considérables à Genesve et quelle faisoit voiturer la nuit des tonneaux plain de ses effects prenant la route de Genesve ce qui est contre les déclarations du Roy.
Ayant requis le dit Sieur procureur du Roy d'informer des susdits faits et circonstance et de nous assurer de la personne de ladite demoiselle JOUFFROY pour empescher son évasion ensuitte de laquelle plainte et réquisition nous avons mis nostre ordonnance à informer et le dit jour nous sommes montés à cheval accompagné de maître Nicolas FAVOT, praticien d'Autun pris pour greffier pour l'indisposition de maître Estienne VALLETAT, nostre greffier ordinaire, de Claude CHARDASNE et François BOUROUX, archers de nôtre Compagnie et estant arrivés au bourg de Couches sur environ les cinq heures du soir, nous sommes entrés dans le domicile de laditte demoiselle veuve JOUFFROY la porte duquel nous avons d'abord trouvé fermée et qui nous a esté ouverte par le sieur JOUFFROY DORIGNY l'un des fils de laditte demoiselle veuve JOUFFROY auquel nous avons demandé ou estoit sa mère. Il nous a dit qu'il ne scavoit ou elle estoit et ayant couru tous les apartements dudit domicile nous ny avons trouvé laditte demoiselle et reconnu que les meubles et effects qui y sont restés son de tres peu de valleur et que les marchandises qui sont restées dans la bouticque ne sont pas en valeur de 20 pistoles et ledit sieur JOUFFROY fils n'ayant voulu dire ou estoit allée sa mère, nous nous sommes informé par le bourg et ayant apris quelle estoit partie pour Gesneve ce jour d'huy et qu'elle estoit passée par le village de la Montagne dudit Couche et de laquelle devoit passer par Saint-Léger-Sur-Dheune chez un de ses fils nommé Théodore duquel la femme est morte il y a environ un an pour enlever une petite fille nomméeClaudine JOUFFROY, nous avons fait partir toute la nuit lesdits CHARDASNE et BOUROUX archers pour se rendre audit Saint-Léger-Sur-Dheune en la maison dudit Théodore JOUFFROY pour s'assurer de la personne de laditte veuve JOUFFROY sa mère et empescher l'enlèvement de laditte petite fille.
Et le lendemain sixième juin mil sept cent dix-neuf, sur les 7 heures du matin, lesdits CHARDASNE et BOUROUX nous ont raporté et certiffié avoir estes dans le domicille du dit Theodore JOUFFROY la nuit dernière ensuitte de nos ordres ou ils n'ont trouvé qu'une servante qui leurs a dit que son maistre estoit en campagne et que la ditte Demoiselle veuve JOUFFROY la mère quils cherchoient n'y estoient pas et ayant fait perquisition de deux petittes filles dudit Théodore JOUFFROY, ils n'en trouvèrent qu'une qui estoit couchée dans le lit de la servante et lui ayant demandé ou estoit l'autre nommée Claudine elle leur a répondu qu'elle n'en scavoit rien.
Après quoy nous sommes montés à cheval a compagné de nostre greffier et nous nous sommes rendus au village de la Montagne de Couche en la maison du Sieur JOUFFROY, avocat, fils de laditte veuve JOUFFROY ou y estant nous n'y avons trouvé qu'un vigneron qui nous a dit que le dit sieur JOUFFROY et la Demoiselle sa mère n'y estoient pas qu'il s'en estoit allé tous les deux à cheval la nuit dernière et que ledit sieur JOUFFROY estoit allé conduire sa mère qui s'en alloit à Genesve et qu'ils devoient passer par Chalons. Nous sommes retournés au dit Couche ou estant nous avons ordonné aux dits CHARDASNE et BOUROUX, archers, d'aller dans le domicille de laditte veuve JOUFFROY au dit Couche pour veillier à la garde des effects qui y sont jusque à nouvelle ordre et dudit lieu de Couche nous nous sommes transportés avec nostre dit greffier en la ville de Chalon pour faire en sorte d'aprehender laditte veuve JOUFFROY et estant arrivés sur environ les 7 heures du soir en laditte ville de Chalons ou estant nous nous sommes fait assister de Maitre Barthelemy prevost de Nos Seigneurs les Maréchaux de la maréchaussée de Chalon. Nous avons parourus dans tous les cabarets et oberges nous informant de laditte veuve JOUFFROY et ayant apris dans le logis du Chesne ver, un des fils de laditte veuve JOUFFROY, nommé DUFOURNEAU y estoit arrivé la nuit dernier sur la minuit qu'il avoit mis sont cheval à l'escurie et qu'ensuitte il estoit sorty sans rien dire et qu'il estoit revenu prendre son cheval et s'en estoit allé de grand matin et estant entré dans le logis du nommé PERREAU où pend pour enseigne l’artichaux ou nous nous sommes informés de laditte veuve JOUFFROY et de son fils l'avocat et dudit DUFOURNEAU, la femme dudit PERREAU nous ayant dit que la Demoiselle veuve JOUFFROY devoit arriver et quelle l'attendoit depuis deux jours parce que un de ses vignerons avoit amené chez elle deux ballots pour laditte veuve JOUFFROY qu'elle devoit mettre avec elle demain sur la diligence par eau pour se rendre à Genesve, lesquels ballots ladite PERREAU nous a représenté. Nous avons veüe qu'ils n'estoient fait que d'une grosse thoille non cachetée et sans adresse. Nous avons fait ouverture de l'un ou nous n'y avons trouvé que du lard et quelque peu de linge avec deux paires de bas noir et que dans l'autre il n'y avoit que quelque mauvaise batterye de cuisine de fer lesquels ballots nous avons refermés et fait ratacher et laissés à la puissance dudit PERREAU luy faisant deffence de sen desaisir que par nos ordres.
 Et le lendemain 7ème du présent mois et an ledit Maistre Nicolas FAVOT nostre greffier, commis s'est transporté au bureau de la diligence pour scavoir si laditte JOUFFROY ne si estoit pas présentée et dans le bateau de la diligence qui doit partir ce jourd'hui, et ayant veue partir ledit batteau sans que ladite JOUFFROY se doit présentée, nous avons fait deux lettres circulaires adressées à nos confrères dans les routes aux environs de Genesve pour arrester laditte JOUFFROY et comme la poste de Chalon s'est trouvée partie nous avons été obligés de les envoyer par un homme expres à Mâcon pour les mettre à la poste dudit lieu. Et nous sommes partis avec nostre greffier pour nous rendre ce jourdhui à Couches afin de procéder à l'information par nous ordonnés sur la plainte du sieur Procureur du Roy en laditte maréchaussée d'Autun ; et estant arrivé à environ une lieüe de Couches, sur environ les huit heures du soir, nous nous sommes aperceus d'un homme à cheval qui secartoit du chemin pour éviter notre rencontre et l'ayant couru arresté nous l'avons trouvé saisis d'une lettre cachetée d'un pain enchanté (!) adressée au sieur JOUFFROY de Saint Léger et l'ayant décachetée, nous avons reconnus quelle concernoit le fait de l'évasion de laditte veuve JOUFFROY. Nous en sommes saisis et remis entre les mains de nôtre greffier et avons dressé le présent procès verbal pour valoir et servir ce que de raison.
(Signé BULLIER de VIESCOURT et les nommés CHARDANNE et BOUROUX, archers.)
TOUSSAINT BULLIER de VIESCOURT, écuyer, Conseiller du Roy, prévost de Nosseigneurs les Maréchaux de France au Siège Présidial d'Autun, Bailliages de Montcenis, Bourbonlancy, Semur en Brionnois, Comté de Charolois et pays adjacans assisté de nos archers ou sergent royal requis à requette de Lazarre RABYOT de CORLON, Conseiller et Procureur du Roy audit Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun, Vous mandons suivant Nôtre ordonnance à informer du cinq du courant jour du contenu en la plainte du susdit procureur du Roy, assigner competament par devant Nous tous les témoins qui vous serons indiqués ou donnés par écrit à jour lieu et heure dont requis sera pour et moyenant salaire competant dire et déposer vérité sur les faits dont ils seront enquis, (donné à Couches le 6ème juin 1719, signé FAVOT, greffie, commis en l'absence du greffier ordinaire, scellé à Autun le 10ème juin 1719).
L'An 1719 le 6ème juin avant midy à requeste de Lazarre RABYOT de CORLON, procureur du Roy au Bailliage et Siège présidial de la Marechaussée d'Autun qui fait élection du domicile en sa maison audit Autun et par vertu de la commission cy dessus par moy Claude CHARDANNE, archer de ladite Marechaussée y résidant soussigné, assignation a étée donnée à Edme RAQUILLET, marchand au village de La Varenne, paroisse de Couches où je suis expres à cheval distant de cinq lieues de ma demeure comme aussy à Antoine CHIFFLOT, tonnelier audit Couches ; et à Robert Gabriel LIEBAULT, chirurgien audit lieu, tous en leurs domicilles et parlant à leurs personnes et comparoit ce jour dhuy heure du neuf du matin et à tous autres heures dudit jour au logis de la Veuve THEVENOT ou pend pour enseigne Le Soleil par devant le sieur BULLIER de VIESCOURT, prevost de ladite Marechaussée pour et moyenant salaire competant dire et déposer verité sur les faits dont ils seront enquis, et leur ay a chacun donné copie en parlant que dit est, (signé CHARDASNE et controllé a Autun le dix juin par TIXIER, commis).
L'an 1719, le 8 juin avant midy à requeste de Lazarre RABYOT de CORLON, Conseiller et Procureur du Roy au Siège présidial et Marechaussée d'Autun qui fait élection de domicille audit lieu en sa maison par moy François BOUROUX, archer en ladite Marechaussée, résidant audit Autun, soussigné et par vertu de la commission cy-dessus assignations ont été données à Claude ROZE, tallandier a Couches en son domicille audit lieu où je suis expres à Cheval distant de 5 lieues de ma demeure en parlant a sa personne à maistre Philibert MASSIN, notaire royal à Saint-Léger-Sur-Dheune en son domicille audit lieu distant d'une lieue dudit Couches en parlant a sa personne et à Reyne DESMOULIN, servante du sieur JOUFFROY, bourgeois audit Saint-Léger en parlant en sa personne tous à comparoir ce jour d'huy audit lieu de Couches au logis de la Veuve THEVENOT ou pend pour enseigne Le Soleil, heure de neuf du matin et à tous autres heures du jour par devant le sieur BULLIER DE VIESCOURT, prévost de ladite Marechaussée d'Autun pour y estant moyenant salaire competant dire et déposer vérité sur les faits dont ils seront enquis et leur ay a chacun donné copie en parlant que dit est (signé BOUROUX et controllé à Autun le 10 juin par TIXIER).
L'An 1719, le 9ème juin à requeste de Noble Lazarre de CORLON, Conseiller et procureur du Roy au Siège présidial et Marechaussée d'Autun qui fait élection de domicille en sa maison audit lieu par moi François BOURU, archer en laditte Marechaussée dudit Autun y demeurant soussigné, assignations ont été donnés au sieur JOLY, prestre, vicaire de Couches, a Maistre Pierre TOUSSAINT, prestre et aussi vicaire audit Couches, a Maistre Jean CHAROLOIS, notaire royal audit Couches tous en leurs domicilles audit lieu en parlant en leurs personnes comme aussy assignation a eté donnée a François NUGOT, vigneron à La Montagne dudit Couches et a Claude DEBIZE, escuyer, capitaine demeurant au Château de Montpaté, paroisse dudit Couches en leurs domicilles audit lieu et parlant a leurs personnes tous a comparoistre ce jour d'huy heure de neuf du matin au logis de la veuve THEVENOT où pend pour enseigne Le Soleil, heure de neuf du matin et a tous autres heures du jour par devant Maistre BULLIER de VIESCOURT, prevost de ladite Marechaussée d'Autun pour y estant, dire déposer vérité sur les faits dont ils sont enquis et leurs ay donné a chacun copie parlant que dessus. (Signé BOUROUX, controllé a Autun le 10ème juin 1719. Signé TIXIER).
Information faitte par nous Toussaint, BULLIER de VIESCOURT, escuyer, Conseiller du Roy, Prevost de Nosseigneurs les Marechaux de France au siège Présidial d'Autun, Bailliage de Montcenis, Bourbonlancy, Comté du Charolois, pays adjacant à la requête et réquisition du sieur RABYOT de CORLON, procureur du Roy audit Siège et Maréchaussée,
Contre la Demoiselle Veuve du Sieur JOUFFROY, accusée de se retirer du Royaume et d'avoir convertis en espèces d'or et dargent tous ses biens pour les transporter à Genesve et d'avoir aussy l'enlèvement de la personne de Claudine JOUFFROY, agée d'environ 4 ans, fille de Théodore JOUFFROY son fils, bourgeois à Saint- Léger-Sur-Dheune et de feu Demoiselle LORTON sa mère, à laquelle information avons procédé ainsy quil s'ensuit tant contre la Demoiselle Veuve JOUFFROY que complisses, ce jourd'hui huitième juin 1719 et lesquels dépositions nous avons fait escrire par Nicolas FAVOT, greffier que nous avons à ce commis pour l'indisposition du notre ordinaire comme avant dite et ayant pris serment dudit FAVOT en telle cas requis de faire fidel devoir.

  • Premierement a comparu Edme RAQUILLET, marchand, demeurant à La Varenne, paroisse de Couches, âgé de 48 ans duquel le serment pris de dire et d'exposer vérité sur les faits dont il sera par nous enquis à la requête du sieur Procureur du Roy d'Autun, ce qui la promis faire après avoir declaré n'estre parans aliés, detteur, domestique, serviteur, ny malveillant des parties et avoir justifié de la copie d'assignation à luy donnée par CHARDASNE.
    Dépose qu'il ne scayt rien des faits contenus en la plainte du sieur Procureur du Roy dont nous luy avons fait lecture.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir, lecture à luy faitte de sa déposition y a persisté et déclaré ne scavoir signer de ce enquis.
    (Taxé au déposant sur ses réquisitions 10 sols, signé BULLIER de VIESCOURT et FAVOT, greffier commis...)
  • Antoine CHIFFLOT, tonnelier, demeurant au bourg de Couches, âgé d'environ 35 ans, duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte du sieur Procureur du Roy dont nous lui avons fait lecture ce qu'il a promis de faire après avoir déclaré n'estre parans alliés, detteur, serviteur, domestique ny malveillant des parties avoir justifié la copie d'assignation à luy donnée par CHARDASNE.
    épose que dans le commencement du mois de may le sieur JOUFFROY DORIGNY fut chercher le déposant pour barer une feuillette des deux cottés à trois chevilles sur chaque bout de barre et y mettre deux cercles, laquelle feuillette estoit gardée dans la chambre en bas par la Veuve Mère JOUFFROY, et est bien sur que ce n’estoit ny du vin ny du bled qui estoit dedans mais comme quelque chose de massif pesant environ 150 livres qu’un voiturier a luy inconu emena sur une charette sur les onze heures du soir et ouy dire que cestoit de largent quie ladite Veuve JOUFFROY fesoit passer a Genesve ou elle vouloit se retirer avec la nommée Claudine JOUFFROY sa petite fille ajoutant encore que le lundy cinq du courant il vis sur les trois heures du soir les nommés JOUFFROY, DUFOURNEAU et Théodore JOUFFROY fils de ladite Veuve JOUFFROY qui estoient a cheval avec des portemanteau et des besaces fort pleines autour d’eux, ne sachant quelle effects estoient dedans, Mais qu’il luy a été assuré que cestoient les effets de leur mère qu’il conduisoient a la Montagne, laquelle devoit partir a lheure même pour s’en aller a Genesve laquelle Veuve JOUFFROY partit effectivement le même soir.
    Qui est tout ce quil a dit scavoir lecture a luy faitte de sa deposition y a persisté et déclaré quelle contenoit verité n’y vouloir ajouter ny diminuer et s’est soussigné avec nous et notre greffier.
    (Taxé au déposant sur ses Réquisitions 10 sols, signé Antoine CHIFFLOT, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • Claude ROZE tailliandier à Couches, agé d'environ 28 ans duquel serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte du Sieur Procureur du Roy dont nous luy avons fait lecture et qui l’a promis faire après avoir déclaré n'estre parans alliés, detteur, serviteur, domestique ny malveillant des parties et avoir justiffié de la copie d'assignation à luy donnée par BOUROUX.
    Dépose qu'il ne sait rien des faits contenus dans la plainte dudit Pocureur du Roy dont nous luy avons fait lecture sinon qu'il y a environ trois semaines sur environ une heure après minuit il fut appellé par un chartier étranger à luy inconu pour mettre des clouds sous les pieds de deux chevaux qu'il avoit chez laditte Veuve JOUFFROY et vis une charette à sa porte chargée de plusieurs effets qu'il ne peut circonstancier par ce quelle estoit couverte.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir lecture à luy faitte de sa déposition y a persisté et s’est soussigné avec nous et notre greffier.(
    Taxé au déposant sur ses réquisitions 10 sols, signé Claude ROSE, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • Robert Gabriel LIEBAUT, maître chirurgien à Couches, âgé d'environ 45 ans, duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte du dit sieur Procureur du Roy dont nous luy avons fait lecture ce qu'il a promis faire après avoir déclaré n'estre parent allié, detteur, serviteur domestique malleveillant des parties et avoir justifié de la copie d'assignation à luy donnée par CHARDANE
    Dépose sur les faits mentionnés en la plainte dudit sieur CORLON qu’il scait qu'il y avoit longtems que lademoiselle JOUFFROY convertissoit tous ces biens en argent comptant et qu'elle se faisoit payer de tous les billets qui luy estoient deubs pour se retirer à Genesvre ou Lozanne en Suisse avec deux enfants de Théodore JOUFFROY son fils de lage de 5 à 6 ans qu'il a ouy dire aussy à un vigneron qui avoit aidé à charger une male fort pesante qu'il ne scait ce qui pouvoit estre dedans mais qu'elle estoit fort pesante mais qu'il avoit bien eüe de la peine a laider à charger sur la voitur qui partoit la nuit même et aussy bien ouy dire à plusieurs personnes de Couches que les fils de ladite demoiselle JOUFFROY avoient porté plusieurs fois de l'argent à Lyon appartenant à la Demoiselle leur mère.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir, lecture à luy faitte de sa déposition y a persisté et s'est soussigné avec nous et notre greffier et n'a voulu taxe
    (signé LIEBAUT, BULLIER de VIECOURT et FAVOT greffier commis.)
  • Philipe de MASSIN, notaire royal à Saint Léger-Sur-Dheune, âgé d'environ 60 ans, duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte dudit de CORLON, Procureur du Roy dont nous luy avons fait lecture, ce qui la promis de faire après avoir déclaré nestre parans allié, detteur, serviteur, domestique ny malveillans des parties et avoir justifié de la copie dassignation à luy donnée ce jourd'hui par BOUROUX.
    Dépose ne rien scavoir des faits mentionnés dans la plainte dudit De CORLON sinon que mardi dernier sestant trouvé au village du Bourgneuf, route de Chalons sur environ les 7 heures du matin en la maison du nommé MELAY, chirurgien audit lieu tenant le logis de la Fleur delis, il vis passer a lheure cy dessus le sieur JOUFFROY, dit DUFOURNEAU, lequel il invita en passant de se raffraichir qui luy répondit qu'il estoit pressé et qu'il ne pouvoit s'arrester et vit à sa suitte un paysan monté sur un cheval qui portoit un enfans devant luy mais ne scait qui est le paysans n'y à qui l'enfans appartenoit.
    Qui est tout ce qui a dit scavoir lecture à luy faitte de sa déposition et y a persisté et sest soussigné avec nous et notre greffier et na voulu taxe
    (signé sur la minutte MASSIN avec paraphe, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • Reyne de MOULINS, servante chez Théodore JOUFFROY, bourgeois à Saint-Léger-Sur-D’heune, agée d'environ 40 ans de laquelle le serment pris de dire et deposer vérité sur les faits contenus dans la plainte dudit sieur de CORLON, Procureur du Roy dont nous luy avons fait lecture, ce qu'elle a promis de faire après avoir déclaré estre servante domestique du sieur Théodore JOUFFROY et avoir justiffié de la copie d'assignation à elle donnée ce jourd'huy par BOUROUX l'un de nos archers au surplus qu'elle n'est ny parante, ny alliée, dettrice, ny malveillante des parties.
    Dépose qu’elle a ouy dire par le bruit commun du publique que la Demoiselle veuve JOUFFROY, demeurant à Couches ayant fait partage avec ses enfants et convertis ses effects en argent comptant avoit résolu de se retirer à Genesve et denmener avec elle une enfant de Théodore JOUFFROY, appellée Claude et que pour se dessein ledit enfans auroit été enlevé la nuit du lundy au mardy mais que sur ce que nous en aurions fait faire des perquisitions la même nuit par deux de nos archers, le sieur JOUFFROY dit DUFOURNEAU auroit été toute la nuit même à la ville de Chalon-sur-Saône où l'on devoit embarquer ledit enfant par la diligence pour estre transporté ensuitte à Genesve puis la ramena dans la maison dudit Théodore JOUFFROY, père dudit enfans à Saint-Léger le lendemain mardy 6 du courant sur les 9 heures du matin.
    Qui est tout ce qu'elle a dit scavoir lecture à elle faitte de sa déposition, y a persisté déclarée icelle contenir vérité ny vouloir ajouter ny diminuer et ne scavoir signer de ce enquis
    (taxé à la déposante sur ses réquisitions 20 sols. Signé sur la minutte BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier, commis).
    Advenu ce jourd'hui, 9ème du présent mois de juin, nous avons continué linformation cy-dessus à la resqueste dudit sieur de CORLON, Procureur du Roy, contre la Demoiselle JOUFFROY et complisse ainsy qu'il sensuit.
  • Premièrement Maitre Jean JOLY, vicaire au bourg de Couches en la paroisse de Saint Martin, âgé de 32 ans, duquel le serment pris de dire et déposer vérité in verbo sacerdotis sur les faits contenus dans la plainte du sieur RABYOT de CORLON, Procureur du Roy au Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun ce qu'il a promis de faire après avoir déclaré n'estre parans, alliés, detteur, serviteur domestique ny malveillant des parties nous ayant représenté la copie d'assignation à luy donnée ce jourd'hui par BOUROUX.
    Dépose qu'il a ouy dire audit Jacques JOUFFROY parlant de la sortie hors du royaume de la Demoiselle veuve JOUFFROY sa mère pour aller et se retirer en la ville de Genesve qu'elle avoit envoyé en la ville de Lyon ou à Genesve plusieurs mois avant son départ une somme de 12 000 livres ne scachant par qui laditte somme a été portée mais c'est seulement le un que ledit sieur Jacques JOUFFROY luy a assuré du ... quelle emporte bien en tout 24 000 livres dont la famille ne profiteroit jamais et qu'elle avoit résolu en s'en allant d'emener avec elle une de ses petites filles appellée d'Aude JOUFFROY, fille de Théodore, ajoutant encore que dit Sieur Jacques JOUFFROY luy a encore dit et assuré qu'elle avoit envoyé avant son départ plusieurs balots dans lesquels il y avoit beaucoup de linges, de lard et autres effets.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir lecture a luy faite de sa déposition y a persisté et s'est soussigné avec nous et notre greffier et n'a voulu taxe
    (signé sur la minute JOLY prestre vicaire BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • Pierre TOUSSAINT, prestre, vicaire de la paroisse de Saint Martin de Couches, duquel le serment pris in verbo sacerdotis sur les faits contenus dans la plainte du Sieur Procureur du Roy au Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun et qui la promis faire après avoir déclaré n'estre parans, alliés, detteur, domestique, serviteur ny malveillant des parties ayant justifié de la copie d'assignation à luy donnée ce jourdhui par BOUROUX l'un de nos archers.
    Dépose, qu'il a ouy dire au sieur Jacques JOUFFROY, fils de la Semoiselle veuve JOUFFROY sa mère qu'elle emportoit en se retirant à Genesve une somme de 24000 livres dont 18 avoit été quelque tems avant son départ portée à Lyon ou à Genesve par les Sieurs JOUFFROY et DORIGNY et Daniel JOUFFROY, avocat ses fils et a encore ouy dire par le Sieur Jacques JOUFFROY qu'il setoit fort opposé aux desseins que la Demoiselle sa mère avoit formé d'emmener avec quelle une des filles de Théodore JOUFFROY son frère attendu qu'elle estoit née d'une mère catholique, apostolique et romaine et que la mère en mourant luy avoit fort recommandé de prendre soins de ses enfans dans la crainte où elle estoit que son mari Théodore JOUFFROY qui estoit relapse ne les fit eslever dans la religion prestendue réformée.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir, lecture à luy faitte de sa déposition, y a persisté et s'est soussigné avec nous et notre greffier et na voulu taxe
    (signé sur la minutte TOUSSAINT prestre, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • Jean CHAROLOIS, notaire royal à Couches, âgé de 41 ans, duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits dont il sera enquis contenu dans la plainte du Sieur de CORLON, Procureur du Roy au Bailliage Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun dont nous luy avons fait lecture ce qu'il a promis faire après avoir déclaré n'estre parans aliés, detteur, serviteur, domestiques ni malveillant des parties nous ayant représenté la copie d'assignation à luy donné cy jourd'hui par BOUROUX, archer.
    Dépose que le bruit publique luy a apris depuis environ 15 jours que la Demoiselle Espérance LESAGE, veuve du sieur Moïse JOUFFROY, marchand à Couches y résidant méditoit de se retirer à Genesve pour y passer le reste de ses jours et qu'elle emportoit de quoy y vivre comodement et à son aise.
    Lui est tout ce qu'il a dit scavoir, lecture à luy faitte de sa déposition et y a persisté et s'est soussigné avec nous, avec notre greffier et na voulu taxe,
    (signé sur la minutte CHAROLOIS avec paraphe, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • Louis LESAGE, maître chirurgien à Couches, agé de 48 ans, duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte du sieur RABYOT de CORLON, procureur du Roy au bailliage et Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun dont lecture luy a été faitte et qu’il a promis de faire ayant déclaré qu’il est parans à la demoiselle veuve JOUFFROY du 3 au 4ème degré n'estant domestique, serviteur, detteur ny malveillant des parties nous ayant représenté la copie d'assignation à luy donnée ci jourd'huy par BOUROUX l'un de nos archers.
    Dépose qu'il a sceüe par le bruit publique que la demoiselle veuve JOUFFROY meditoit depuis longtems sa sortie hors du Royaume à dessein de se retirer à Genesve, qu'il a ouy dire aussy au sieur Jacques JOUFFROY son fils sur ce que le déposant luy disoit que la demoiselle sa mère devoit emporter du moins plus de trante mil livres, il luy fit réponse que tout ce qu'elle pouvoit emporter ne concistoit pas à 20 mil livres, ayant aussy ouy dire par le bruit commun que son fils l'avocat avoit été à Lyon pour y porter de l'argent comme encore à ouy dire au nommé François NUGOT, vigneron à la Montagne sont environ 10 jours qu'il recevoit de Chalons conduire des balots appartenant à la demoiselle veuve JOUFFROY qu'il mit chez PERROT hoste à Chalons ou pend pour enseigne l'artichaux.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir lecture à luy faitte de sa déposition et y a persisté et s'est soussigné avec nous notre greffier et n'a voulu taxe.
    (Signé sur la minutte LESAGE, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT greffier commis).
  • François NUGOT, vigneron à la Montagne de la demoiselle veuve JOUFFROY, âgé de 30 duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte du sieur RABYOT de CORLON, procureur du Roy au Bailliage, Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun dont nous luy avons fait lecture et qu'il a promis de faire après nous avoir déclaré n'estre parans, alliés, detteur, domestique, serviteur ny malveillant des parties, nous ayant justifié de la copie d'assignation à luy donnée ce jourd'huy par BOUROUX l'un de nos archers.
    Dépose que le mardy de la Pantecotte dernier, il fut mandé par la demoiselle veuve JOUFFROY au bourg de Couches où elle luy donna 2 balots pour conduire à Chalons chez le nommé PERREAU au logis où pend pour enseigne l'artichaux ce qu'il fit effectivement et les y déposa le dit jour chez le nommé PERREAU hoste à Chalon sur Saône du dit logis. Dépose encore que la nuit du lundy au mardy, retournant de Givry pour ses affaires, il fit rencontre entre Saint Léger et Couches pendant la nuit de la demoiselle veuve JOUFFROY qui l'ayant arresté luy dit François NUGOT, il faut que tu vienne avec moy jusqu'à Saint-Léger chez mon fils Théodore où estant elle luy aportat devant luy à cheval la petite Daude, fille du sieur Théodore JOUFFROY et ensuitte luy fit continuer le chemin de Chalons sur Saône à la porte de laquelle ville ils furent joint par le sieur JOUFFROY DU FOURNEAU qui ayant parlé à l'oreil à sa mère en luy disant mon frère Théodore veut avoir sa fille à quoy la demoiselle JOUFFROY répondit François NUGOT retourne tend, remmène la petite fille à Saint-Léger-sur-Dheune où tu la prise chez mon fils Théodore et qu'il exécuta véritablement et s'en revint avec son fils DUFOURNEAU et la demoiselle veuve JOUFFROY, continua son chemin du costé de Chalons.
    Qui est tout ce qu'il a dit scavoir, lecture à luy faitte de sa déposition qui a persisté et déclaré ne scavoir signer de ce enquis,
    (taxé au déposant sur ses réquisitions de 10 sols signé sur la minute, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT, greffier commis).
  • Claude de BIZE, écuyer, capitaine au régiment de Bonneval de presens au bourg de Couches, âgé de 60 ans duquel le serment pris de dire et déposer vérité sur les faits contenus dans la plainte du sieur sieur RABYOT de CORLON, procureur du Roy au Bailliage, Siège Présidial et Maréchaussée d'Autun, ce qu'il a promis de faire lecteur à luy faitte de la dite plainte, ayant déclaré nestre parans, alliés, detteur, serviteur, domestique, ny malveillant des parties nous ayant justifié de la copie d'assignation à luy donnée ce jourd'hui par BOUROUX l'un de nos archers.
    Dépose que retournant des eaux de Bourbonlancy il y a environ 8 jours avec le sieur JOUFFROY dit d'ORIGNY et parlant avec luy de la sortie que la demoiselle JOUFFROY sa mère méditoit pour se retirer à Genesve, ledit deposant dit audit d'ORIGNY JOUFFOY l'on m'a assuré que la demoiselle votre Mère emportoit avec elle une somme de quarante mil livres, lequel JOUFFROY répondit Monsieur cela ne peut aller là, il y a tout au plus 10 mil livres et comme ledit sieur deposant luy demanda encore s'il ne seroit pas du voyage avec la demoiselle sa Mère il luy fit réponce que non et qu'il n'estoit pas asses son favoris pour cela.
    Lui est tout ce qu'il a dit scavoir, lecture à luy faitte, de sa déposition, y a persisté et s’est soussigné avec nous et notre greffier et n'a voulu taxe,
    (signé sur la minutte de BISE, BULLIER de VIESCOURT et FAVOT, greffier commis). 

S'ensuit la teneur de la lettre énoncée dans notre procès verbal en datte du cinq juin 1719 à Monsieur Maître M. JOUFFROY, Bourgeois à Saint-Léger.

" Je viens de communiquer cher frère, votre lettre à gens d'esprit qui ne nous conseil pas d'aller à Autun, que nous ne soyons instruits de ce qui se passera à Macon, ainsy soyés tranquille on trouvera gens d'esprit qui empescheront ce que vous craigné car je crois pour que Monsieur BULLIER ramène notre mère, son pis allé estant de luy donner caution pour l'en empescher. L'avocat d'ailleurs est de ses amis ce qui me donne lieu d'espérer que les choses se passeront plus doucement que vous ne lespérés, d'ailleurs il ny a point d'aparance que je puisse obtenir le contreordre que vous désirés et sur le peu d'instruction que je pourois faire peut estre serois-je assés malheureux pour faire beaucoup plus de mal que de bien, demeurés tranquille jusqu'au retour de l'avocat ou de DUFOURNEAU après quoy l'on fera tout ce qui dépendra des uns des autres, je suis très parfaitement mon très cher frère votre très humble serviteur JOUFFROY à Couches, le septième juin 1719. "

Référence  AD 71 : G 772/40

 


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