Mémoire touchant les Nouveaux Réunis
de la paroisse de Couches (1685)
Archives Départementales 71/G: 772/29

Il y a eu cy devant un grand nombre de Religionaires dans la paroisse de Couches dont la plupart et les plus considérables se sont retirés. Il en est néanmoins, assés resté pour mériter une attention particulière sur leur véritable conversion d'autan plus qu'ils ont toujours passé pour très opignatres et y ont même autrefois commis des impiétés dont on ne croit pas qu'il n'y ait des exemples dans le reste de la Province.
O
n esperoit que la dernière déclaration de sa Majesté pouroit les ramener mais en vain, car fort qu'on croyoit que les enfans qui vont à l'école viendroient à la Messe qui se dit pour ce sujet tous les jours sur environ les dix heures pour donner lieu à l'exécution de la déclaration de sa Majesté, ils se sauvèrent tous, s'absentèrent de l'école ou venoient après que le tems de la messe estoit passé et quoy qu'à présent ils aillent à l'école à l'ordinaire, ils ne viennent point du tout à l'Eglise n'y pour la messe, n'y pour les Catéchismes.
Sur la dénonciation qu'en firent le sieur Curé et le Maistre d'Ecole, les officiers trouvèrent à propos d'ordoner une amande pour obliger tant les enfans que leurs parans à faire leur devoir dont ils ont appelé et tout est demeuré la, le procureur du Roy manquant de résolution et estant leur ami.
Ils estoient pourtant esbranlés et si l'amande avoit eu lieu, on a grand sujet de croire qu'elle auroit eu un bon effet mais comme ils ont sceu que le Roy recommandoit beaucoup la douceur à leur égard, ils ne craignent plus rien au contraire, ils s'en tiennent plus fort et croient qu'on ne leur doit plus rien dire, se plaingnants qu'oy qu'on fasse, qu'on les traitte trop rigoureusement. Quelques uns d'eux estant dans un cabaret se disoient les uns aux autres qu'on n'avoit encore fait pendre persone, voulant dire qu'est ce qu'on leur feroit.
Il y a quelques enfans qui apprenoient le latin mais comme les parens voyent que s'ils vouloient continuer leurs études il faudroit les envoyer dans quelque colege ou ils sont obliges d'aller à la Messe et se confesser on présume que c'est pour cela qu'ils les ont fait discontinuer.
On ne croit pas qu'on puisse beaucoup gagner sur ces gens là sans quelque exemple d'un peu de rigueur pour les obliger du moins à envoyer leurs enfans à l'Eglise ou les mettre dans quelque communauté religieuse ou autre part y en ayant beaucoup qui ont le moyen de payer les pensions nécessaires qu'il faudroit pourtant modérer autant qu'on le pouroit pour leur oster le moyen de se plaindre.
Pour donner plus de connoissance de ce qui se peut faire à l'égard de ces gens là on a jugé à propos d'en faire le dénombrement avec quelques circonstances qui les peuvent faire connoitre.

On supplie particulièrement Monseigneur l'Evêque d'Autun de demender à Monseigneur l'Intendant permission suffisante de prendre tous les livres qu'ont Messieurs les Reunis afin qu'ils ne les fassent pas lire a leurs enfans et qu'on leur oste par ce moyen la connoissance de l'heresie.


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