Lettre du sieur Courtot, curé de Vaux
avec l’arrest du Conseil pour Mrs de Malte
(du Vaux ce 22ème août 1687).
Archives départementales de Saône et Loire : G 774/15

Puisque vostre grandeur a voulu par elle mesme estre convaincue de l'opiniastreté des nouveaux Convertis de la paroisse du Vaux et qu'elle m'a ordonné de luy donner les noms de ceux qui luy ont parru peu soumis, je dirai que ce viellard qui fesoit le docte s'appelle Lazare Petion, laboureur à Velloux, hamaux de ma paroisse et cette jeune femme qui résista se nomme Marthe sa fille et femme de Thimotee Moreau dudit lieu. La famille de ces gens là est fort grande et il y en a mesme qui ne sont point encor entré à l'église. La mère qui est femme de ce viellard et qui ne voulut point parroistre devant votre grandeur est encore plus opiniastre que tout le reste et pour vous dire tout en un mot, pas un ne veut bien faire et croit sans effect touttes les menaces qu'on leurs peut faire.
Je presante à votre grandeur, comme elle me la encore ordonné une coppie de l'arest donné en faveur des commendeurs de Malthe qui réforme les portions congrues de leurs curés et comme je tiens une de leur cure sans pourtant m'estre voulu soustraire de vostre obéissance ny avoir voulu former les vœux de leur religion. J'implore la protection de votre grandeur affin que je puisse subsister dans ce Bénéfice. On veut me donner que cinquante livres de pension pour toutes choses; ainsi comme il est impossible de pouvoir subsister pour si peu et que d'ailleurs que je suis exposé à fraier beaucoup de choses pour soustenir le poids de plus de 600 communians dont ma paroisse est composée, sans y comprehendre le nombre des nouveaux convertis qui monte à celui de cinquante. Jugez si je peux y subsister. Monsieur Genalgé a deu informer vostre grandeur combien il m'en couste du miens depuis que je me suis trouvé intéressé pour la religion et tout ce que j'ai fait pour m'opposer au règne de la R.P.R.
Je ne peut d'advantage c'est pourquoy je supplie vostre grandeur de vouloir me procurer une honeste subsistance ou qu'elle permette que je me retire chez moy à Avallon pour estre plus libre a luy desvouer tous mes services et à vous marquer que je seroy en toute chose et avec un très profond respect et très grande sousmission, Monseigneur, vostre très humble et très obéissant serviteur.


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